Comment répondre à "Parlez-moi d'un conflit avec un collègue"

Par Personal Job Coach team

"Parlez-moi d'un conflit avec un collègue" déstabilise plus qu'elle ne le devrait, parce que bien y répondre suppose de reconnaître que quelque chose s'est mal passé au travail, puis d'expliquer, devant un inconnu, comment vous l'avez géré. Certains candidats se figent et racontent un désaccord trop mineur pour vraiment compter, un différend sur la marque de café à commander. D'autres partent dans l'excès inverse et transforment leur réponse en règlement de comptes envers un collègue jugé fautif. Aucune des deux approches ne répond à ce que le recruteur cherche réellement à savoir.

Pourquoi les recruteurs posent cette question

Personne ne cherche la preuve que vous n'avez jamais eu de désaccord avec qui que ce soit, et prétendre le contraire jouerait de toute façon contre vous. Le recruteur cherche à voir trois choses en même temps: si vous savez reconnaître votre propre part dans un désaccord, si vous pouvez décrire la position de l'autre sans mépris, et si vous avez vraiment résolu la situation plutôt que de l'avoir simplement laissée s'éteindre ou fait intervenir un manager pour la régler à votre place. Une équipe qui évite le conflit accumule des tensions en silence, et une équipe qui le gère mal perd de bons éléments pour des situations qui auraient dû se régler en cinq minutes. Le recruteur évalue la capacité à être en désaccord avec quelqu'un tout en continuant à travailler avec cette personne ensuite, ce qui compte bien plus que l'apparence d'une entente parfaite.

Choisir la bonne histoire

La meilleure réponse à cette question repose sur une situation réelle, précise, et suffisamment contenue pour avoir été pleinement résolue au moment où vous la racontez. Bonnes pistes: un désaccord sur la répartition du travail dans un projet commun, une différence de point de vue sur la bonne approche à suivre, une friction née de styles de travail ou d'habitudes de communication différentes, ou un moment où vous et un collègue avez interprété différemment les priorités d'un client. Évitez tout ce qui a impliqué les ressources humaines, une plainte formelle, un manager ayant dû intervenir, ou une relation restée abîmée par la suite: ces éléments signalent un conflit qui vous a dépassé, pas un conflit que vous avez su gérer. Gardez l'autre personne anonyme, en la désignant par son rôle plutôt que par son nom ("un collègue de l'équipe design", sans le nommer), et décrivez son raisonnement de façon juste même si vous n'étiez pas d'accord à l'époque. Si, dans votre propre version des faits, cette personne paraît encore déraisonnable ou difficile, ce n'est pas la bonne histoire à raconter en entretien, quels qu'aient été les faits réels.

Structurer sa réponse avec la méthode STAR

La méthode STAR (Situation, Tâche, Action, Résultat) fonctionne pour cette question comme pour toute question comportementale, mais la répartition du temps compte plus que d'habitude ici. Gardez la Situation et la Tâche brèves: une ou deux phrases suffisent pour poser l'objet du désaccord et pourquoi il comptait. Consacrez l'essentiel de votre réponse à l'Action: ce que vous avez concrètement dit, comment vous avez abordé la conversation, et ce que vous avez fait pour orienter les choses vers une résolution plutôt que d'attendre que ça se tasse tout seul. Le Résultat doit couvrir à la fois l'issue concrète (le projet a été livré, le processus a changé, la décision a été prise) et, quand c'est vrai, ce qu'est devenue la relation de travail par la suite. Une réponse qui se termine par "et on travaille toujours très bien ensemble" ou "on a fini par collaborer sur deux autres projets après ça" fait bien meilleure impression qu'une réponse qui s'arrête à la décision elle-même.

Ce qu'il faut éviter de dire

Trois types de réponses affaiblissent systématiquement cette question. Le premier consiste à rejeter toute la faute sur l'autre personne, en se présentant comme la partie raisonnable face à un problème incarné par quelqu'un d'autre: même si c'est réellement ce qui s'est passé, cela donne l'impression d'un manque de recul plutôt que d'une réponse honnête. Le deuxième consiste à affirmer n'avoir jamais eu de vrai conflit avec un collègue, une phrase que les recruteurs entendent assez souvent pour la reconnaître comme une esquive plutôt qu'un parcours sans accroc. Le troisième consiste à trop en dire, en transformant un désaccord professionnel en récit sur le comportement personnel de quelqu'un, une rancune encore vive, ou une situation impliquant la vie privée d'autres personnes qui n'a pas sa place dans un entretien. Si vous avez besoin d'expliquer beaucoup de contexte juste pour paraître raisonnable, c'est souvent le signe que l'histoire est trop compliquée ou trop sensible pour cette question, et qu'il vaut mieux en choisir une autre.

Un exemple de réponse structurée

Une bonne réponse pourrait ressembler à ceci. Situation et Tâche: "Je travaillais avec un collègue sur une proposition client, et nous n'étions pas d'accord sur l'approche à privilégier: la mienne misait sur les économies de coûts, la sienne sur la rapidité de mise en oeuvre." Action: "Je lui ai demandé de m'expliquer pourquoi la rapidité comptait autant pour lui, et cela venait d'un échange qu'il avait eu directement avec le client, auquel je n'avais pas participé. Une fois que j'ai compris ce point, j'ai proposé de combiner les deux angles plutôt que d'en choisir un seul, et nous avons réparti la proposition pour que chacun rédige la partie sur laquelle il se sentait le plus à l'aise." Résultat: "Le client a bien réagi au fait que les deux aspects soient couverts, nous avons obtenu le contrat, et c'est devenu notre façon habituelle de répartir les propositions par la suite." Remarquez à quel point la question de savoir qui avait raison compte peu ici: l'accent porte sur l'écoute, la compréhension du raisonnement de l'autre, et la recherche d'une solution commune.

Gérer la relance: ce que vous feriez différemment

Presque toutes les variantes de cette question sont suivies d'une relance du type "qu'auriez-vous fait différemment" ou "comment réagiriez-vous si cela se reproduisait", et les candidats qui ne s'y sont pas préparés ont tendance soit à répéter leur réponse sans rien ajouter, soit à inventer un défaut qui sonne faux. Préparez une réflexion sincère à l'avance: peut-être auriez-vous soulevé le désaccord plus tôt au lieu de le laisser durer une semaine, ou posé une question de clarification plus vite au lieu de supposer que vous aviez déjà compris le raisonnement de l'autre. L'objectif est de montrer que vous continuez à apprendre de la façon dont vous travaillez avec les autres, plutôt que de trouver une faute à votre propre gestion de la situation pour le principe, ce qui est exactement ce que la question d'origine cherchait à révéler.

Passez à l'étape suivante

Dites votre réponse à voix haute avant l'entretien réel. Entraînez-vous sur cette question précise avec notre outil Simulation d'entretien pour entendre comment elle sonne.

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