Comment répondre à "Parlez-moi d'un échec"

Par Personal Job Coach team

Parmi toutes les questions d'entretien, celle-ci génère les réponses les plus maladroites. Soit les candidats s'excusent à l'excès jusqu'à mettre le recruteur mal à l'aise, soit ils choisissent un exemple si anodin qu'il ressemble à une esquive. Pour bien y répondre, il faut comprendre ce que la question évalue vraiment.

Ce que la question teste vraiment

Les recruteurs ne cherchent pas une confession dramatique. Ils veulent vérifier trois choses : que vous êtes honnête sur vos propres limites, que vous pouvez analyser ce qui s'est passé sans rejeter la faute sur les autres, et que vous avez réellement changé quelque chose suite à cet échec. Un candidat capable de faire les trois est bien plus facile à manager qu'un candidat qui ne peut pas nommer une vraie erreur.

Les deux pièges les plus courants

Le premier est de trop s'excuser. Certains candidats décrivent l'échec dans les moindres détails douloureux et concluent sur la note la plus basse possible, laissant le recruteur dans l'inconfort. Le second piège est la réponse décor : "J'ai envoyé une invitation de réunion au mauvais interlocuteur, mais je l'ai rattrapée immédiatement." Les recruteurs repèrent ce type d'esquive à chaque fois. La question ne fonctionne que si vous choisissez un exemple où les enjeux étaient réels et les conséquences difficiles à effacer.

Choisir le bon exemple

Un bon exemple d'échec réunit quatre qualités : vous en étiez directement responsable, les conséquences étaient significatives, il y a eu un moment précis où votre décision ou votre inaction a aggravé la situation, et vous pouvez articuler un changement concret que vous avez mis en place ensuite. Évitez tout ce qui implique une personne blessée, une situation encore non résolue, ou un récit qui nécessiterait de critiquer des collègues ou un ancien employeur. L'exemple n'a pas besoin d'être le plus grand drame de votre carrière, mais il doit être réel.

Structurer la réponse avec la méthode STAR

La méthode STAR fonctionne bien ici à condition de l'utiliser dans le bon ordre. Commencez par la Situation : une ou deux phrases pour donner le contexte, de quoi s'agissait-il, quels étaient les enjeux, quel était votre rôle. Ensuite la Tâche, ce dont vous étiez précisément responsable. Puis l'Action, la partie que la plupart des candidats bâclent. C'est ici que vous expliquez ce que vous avez fait, où votre raisonnement a mal tourné, et pourquoi l'échec s'est produit. Décrivez la logique qui a conduit à la décision, pas seulement l'événement. Enfin le Résultat : ce qui s'est réellement passé, les conséquences, et surtout, ce que vous avez fait différemment ensuite. Cette dernière partie est celle que la plupart des réponses négligent.

À quoi ressemble un vrai apprentissage

Dire "j'ai appris à faire plus attention" ou "je suis devenu plus rigoureux" ne dit rien à un recruteur. Un apprentissage réel est spécifique : "Je fais maintenant valider la portée d'un projet par écrit avant de démarrer tout travail impliquant des dépenses externes", ou "J'ai pris l'habitude de faire relire toute communication client par un senior avant envoi." Ces changements comportementaux ne peuvent venir que d'un échec vécu. Les leçons génériques sonnent comme ce qu'on est censé avoir retenu, pas comme ce qu'on a vraiment retenu.

Ce que les bonnes réponses ont en commun

Elles sont concises, deux à trois minutes maximum, elles n'insistent pas sur l'échec plus longtemps que nécessaire pour poser le contexte, elles montrent une prise de responsabilité sans auto-flagellation excessive, et elles se terminent sur ce qui s'est passé après l'échec, pas sur l'échec lui-même. Le recruteur doit ressortir de la réponse avec l'impression que vous gérez les revers de façon productive, pas que vous fuyez la responsabilité ou que vous vous effondrez face aux difficultés.

Ce qu'il ne faut pas dire

N'habilllez pas un point fort en échec ("Je suis trop perfectionniste"). Les recruteurs ont entendu cette réponse tant de fois qu'elle signale immédiatement que le candidat refuse de jouer le jeu. Ne choisissez pas quelque chose qui n'était pas vraiment un échec mais que vous requalifiez ainsi pour paraître humble. Et n'expliquez pas longuement pourquoi les circonstances extérieures rendaient l'échec inévitable : même si c'est en partie vrai, votre rôle est d'assumer clairement votre part.

Un conseil pratique pour préparer la question

Préparez deux exemples : un tiré du début de votre carrière et un plus récent. Vous pourrez ainsi choisir selon le poste visé. Un candidat junior peut s'appuyer sur un exemple de début de carrière sans que cela paraisse maigre ; un candidat senior devrait plutôt utiliser quelque chose des dernières années, car les recruteurs considéreront que c'est plus représentatif de votre manière actuelle de fonctionner.

Passez à l'étape suivante

La Simulation d'entretien vous entraîne sur cette question et des dizaines d'autres, avec un retour sur votre réponse et des suggestions précises pour l'améliorer avant votre entretien.

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