Comment refuser une offre d'emploi
Refuser une offre d'emploi est l'un de ces moments professionnels qui semblent plus gênants qu'ils ne le sont vraiment. L'entreprise a investi du temps, vous aussi, et maintenant vous devez dire non. Bien géré, cela ne vous coûte rien. Mal géré, cela peut fermer des portes que vous voudrez peut-être rouvrir un jour.
Quand décliner, et dans quel délai
Dès que vous savez que vous n'allez pas accepter, signalez-le. Rester sans réponse pendant plusieurs jours par culpabilité ou indécision est justement ce qui abîme les relations, pas le "non" en lui-même. Les recruteurs et les managers ont d'autres candidats à considérer et des délais à respecter. Un refus rapide et clair est une marque de professionnalisme.
Si vous avez été en contact direct avec un responsable recrutement, appelez de préférence. Pour les postes où toutes les communications sont passées par un recruteur ou par email, un message bien rédigé suffit. Ne disparaissez pas sans répondre. Ne restez pas silencieux en espérant qu'ils arrêtent de relancer. Une absence de réponse oblige l'entreprise à vous relancer plusieurs fois et laisse une impression bien plus négative que n'importe quel refus formulé poliment.
Ce qu'il faut dire lors de l'appel ou dans l'email
Soyez bref. Remerciez-les pour l'offre, dites que vous n'allez pas l'accepter, et donnez une raison courte et honnête si vous en avez une. Vous n'avez pas à fournir une analyse détaillée de votre réflexion, et trop expliquer crée souvent plus de gêne que cela n'en évite. "J'ai décidé de m'orienter vers une autre direction" suffit. "J'ai accepté une autre offre" suffit. "Le poste ne correspond pas à l'orientation que je souhaite donner à ma carrière à ce stade" suffit.
Ce qu'il faut éviter : invoquer la rémunération si ce n'est pas la vraie raison, être si vague que le message n'est pas clair, ou laisser entendre que la porte reste ouverte si ce n'est pas le cas. Si vous êtes sincèrement ouvert à des échanges futurs, dites-le. Sinon, restez chaleureux mais précis.
Un modèle qui fonctionne
Objet : Offre d'emploi, [Votre prénom et nom]
Bonjour [Prénom], merci beaucoup pour cette offre et pour le temps que vous et votre équipe m'avez consacré tout au long du processus. Après mûre réflexion, j'ai décidé de ne pas donner suite à cette opportunité. Ce n'était pas une décision facile, car j'ai beaucoup de respect pour ce que vous construisez chez [Entreprise]. J'espère que nos chemins se croiseront à nouveau. Cordialement, [Votre prénom et nom].
C'est tout ce dont vous avez besoin. Pas de longues excuses. Pas de promesses que vous ne pourrez pas tenir. Pas de raisons inventées. Le ton est chaleureux, le message est clair, et cela se lit en trente secondes.
Si l'entreprise insiste
Il arrive qu'une entreprise réponde à un refus en tentant de négocier. Elle peut demander ce qu'il faudrait pour vous faire changer d'avis, proposer une meilleure rémunération ou solliciter un appel. Vous n'êtes pas obligé d'accepter cet appel, et vous n'êtes pas tenu de faire une contre-proposition simplement parce qu'on vous le demande. Si vous êtes sincèrement ouvert à reconsidérer votre décision, soyez honnête sur ce qui devrait changer. Sinon, vous pouvez le dire directement : "J'apprécie que vous reveniez vers moi, mais ma décision est prise. Je vous souhaite bonne chance pour trouver la bonne personne."
L'essentiel est de ne pas laisser la pression sociale vous pousser vers un poste sur lequel vous avez déjà rendu votre verdict. Reconsidérer sous la pression, c'est souvent finir par accepter une offre dont on part six mois plus tard, ce qui crée bien plus de perturbations pour tout le monde que le refus initial n'en aurait causé.
Préserver la relation
Le responsable recrutement que vous venez de décliner pourrait être un futur collègue, client ou référent. Le recruteur pourrait vous placer dans deux ans. Refuser de manière professionnelle n'est pas qu'une question de courtoisie : c'est reconnaître que le monde professionnel est plus petit qu'il n'y paraît.
Connectez-vous sur LinkedIn si vous ne l'avez pas encore fait. Un court message indiquant que vous souhaitez rester en contact ne coûte rien et renforce l'impression que votre décision portait sur l'adéquation au poste, pas sur eux. La plupart des personnes impliquées dans le recrutement ont déjà été du bon côté d'un refus bien géré et l'apprécient bien plus que le contraire.
Les erreurs courantes à éviter
Les erreurs les plus fréquentes sont : attendre trop longtemps pour répondre, être si vague que l'entreprise ne sait pas si vous avez vraiment décliné, trop s'expliquer au point de sembler s'excuser, et faire des promesses de disponibilité future que vous n'avez pas l'intention de tenir. Évitez-les toutes en étant rapide, clair et bref. Un refus qui arrive le jour même où vous prenez votre décision, en deux courts paragraphes, avec un remerciement sincère, c'est la référence à atteindre. Tout ce qui arrive une semaine plus tard avec cinq paragraphes d'explications est plus difficile à gérer pour tout le monde.
Passez à l'étape suivante
La Stratégie de carrière cartographie vos points forts pour identifier les types de postes qui vous correspondent. Voyez clairement quelles opportunités valent la peine d'être saisies et lesquelles décliner, avant d'avoir à prendre la décision.
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